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en route pour niquer des mères — albert

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Zelda De Richelieu
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Lun 4 Sep - 16:55

" oh lala mais tu manges tes crottes de nez toi " — un grand poète

Elle avait fait ses adieux aux vacances les plus mornes de sa vie, l'âme blafarde et le regard accablé. Cette fois, elle n'avait pas regardé derrière la silhouette de ses parents s'éloigner. Cette fois, elle n'avait salué que son chien et avait tourné le dos à leurs espoirs.
" Fais en sorte que l'on soit fiers, ma chérie. "
Comment osaient-ils encore.
Elle n'y avait accordé que peu d'importance – ou essayait de s'en convaincre – et finalement, Beauxbâtons n'avait plus vraiment l'air d'une prison. Si on lui avait dit qu'un jour elle soupirerait de soulagement en passant la grande porte, elle ne l'aurait pas cru.

Quelques uns des camarades avec qui elle avait pris l'habitude de sortir avaient immédiatement proposé de fêter leurs retrouvailles et dès le premier week-end, ils étaient déjà Portbrave, au Comptoir doré où les rires s'élevaient dans la salle, où ils portaient des toasts à tout et rien, où l'euphorie s'était emparée d'eux presque aussi vite que la dernière fois qu'ils s'étaient retrouvés là.

Ça faisait deux mois qu'elle n'avait pas vu Albert.
Près d'un mois qu'elle n'avait plus tiré la moindre taffe.
Alors lorsqu'elle croise son regard, ses iris s'allument, son visage s'illumine d'un sourire - celui-là même qui a l'air hypocrite si on ne la connaît pas assez.

— T'es toujours aussi moche mais je suis contente de te voir.

Au moins elle avait dit un truc gentil.
C'était une certaine forme d'évolution.

Son regard s'était arrêté sur le premier des déglingués de la soirée qui dansait au milieu du monde comme s'il était Apollon - quoiqu'elle aurait plutôt fait la comparaison avec une chenille à l'agonie - et son rire éclate, rassurée, en quelques sortes, de retrouver la joie fébrile des week-end à Portbrave.

— Ça m'étonne que tu sois encore là je pensais qu'ils auraient eu l'intelligence de te virer.
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Albert D. Nysten
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Lun 4 Sep - 19:08

en route
pour niquer des mères  ♆ zelda


Deux mois et d'innombrables jours hors du château, comme passés sous l'eau. Tout lui avait semblé être à des lieues, des années-lumières de son être; les éclats de voix brouillés des disputes continuelles, les promenades éparses dans le monde terne et désabusé des non-magiques; tout dans une brume nébuleuse, presque aqueuse de par . Celui qui aurait dû être le sien, si sa naissance avait été le fruit d'une relation et non d'une périssable tentation. Ironie qu'une erreur si regrettée soit ce qui lui ait donné le peu de couleurs logées dans sa vie, ce qui lui manquait plus qu'il ne l'avait imaginé à chaque été.

Revenir à Beauxbâtons fut comme un repentir, inspirer de nouveau après d'intenables minutes à s'en abstenir. C'était bien plus familier que toute autre location, des figures connues et des gestes tant de fois scrutés, analysés. Et c'était probablement partagé, de par ses connaissances qui s'étaient empressées de lui parler d'une soirée. Alors sitôt la semaine passée, les nouveaux invités dans la routine, il se délectait d'aller au bar de Portbrave. Retrouver les personnes qui savaient communiquer sans s'encombrer d'attaches - juste échanger quelques mots et participer à des paris et manigances sans s'impliquer dans la vie des autres. L'idéal.
Et ses pas en direction du lieu de retrouvailles furent hâtés.

Les verres étaient déjà levés, pour la plupart ingurgités, et l'euphorie palpable dans la salle, lorsque son regard croisa celui de Zelda. Un sourire indolent répondit à celui, flamboyant, de la Sang-Pur, alors qu'elle entamait la conversation. Un haussement d'épaules, il argua : « C'est surtout que ça fait du bien d'être de retour. » Furtivement, il glissa la main dans la poche de sa veste, s'assurant qu'il avait de quoi fumer durant la soirée - ils se devaient de fêter ça correctement, l'esprit dans les hauteurs, disloqué pour pouvoir se libérer.
S'adossant contre le comptoir, son regard parcourait la salle - les danses d'épileptique et les corps partiellement dénudés, les sourires hilares et les regards geignards. « Tu les surestimes. » lâcha-t-il après qu'un rire se soit échappé par ses narines, le fourbe. « Ou tu me sous-estimes. »  Un second sourire étira légèrement ses lèvres, plus furtif, plus fier. Presque plus honnête, aussi. Même si, pour lui, les deux points étaient vérité. « Y'en a un qui va dégueuler dans l'heure à ce rythme.  » lâcha-t-il, absorbé dans la contemplation du groupe effervescent. Déjà, les relents d'alcool lui montaient au nez, picotement coutumier.

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Zelda De Richelieu
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Lun 4 Sep - 23:37

" oh lala mais tu manges tes crottes de nez toi " — un grand poète

Dans l'espace fermé qui puait l'alcool et la décadence, la sueur et l'ironie, Zelda avait enfin l'impression de respirer, après deux mois à s'étouffer dans des robes trop belles pour son âme trop laide et dans des salles trop grandes pour son corps trop petit. Elle se délectait de la vue fantastique et des odeurs nauséabondes, des rires déchirant les limites conventionnelles – et tout ce théâtre lui donnait l'impression d'être libre, quelque part.
Elle se bernait elle-même, comme d'habitude. Elle se donnait l'illusion de pouvoir être quelqu'un d'autre.
Quelqu'un de plus doux, peut-être.

Albert, il avait cette présence qui l'apaisait, qui la faisait se sentir libérée des contraintes imposées. Elle n'avait jamais besoin de faire semblant – elle ne se posait plus de questions, car il ne s'en posait pas plus. Ils se complaisaient dans leurs silences, et ça lui suffisait. Si bien qu'elle avait simplement hoché la tête à sa remarque, sans vérifier qu'il la regardait.

Elle passa à côté de lui, déposant quelques gallions sur le comptoir et récupérant alors deux chopes, une dans chaque main. Elle en cala une sans tendresse contre le torse de Albert, attendant qu'il la prenne en mains.

— Je parie que tu peux être mort avant celui-ci.

Elle avait désigné l'imbécile heureux qui se trémoussait torse nu devant son public bruyant, une lueur de défi brûlant dans ses yeux. Et le sourire au borde des lèvres qui déformait le pli de ses joues, elle trinqua avec lui avant de finir son verre – cul sec.

— Quoi, tu vas me dire que t'es passé sous le bureau pour garder ta place au sein de l'académie ?

Elle haussa un sourcil, et la simple image de Albert à quattre pattes sous le bureau de la directrice suffit à lui arracher une grimace.

— Ew.

Elle haussa les épaules, un sourcil haussé lorsque son regard s'arrête sur un lambda dans la foule d'élèves. Un sourire au bord des lèvres, elle aimait plaire, c'était plus fort qu'elle. Et lorsqu'elle repose son attention sur Albert, elle hausse les deux sourcils.

— Le mec là-bas c'était tout à fait ton genre.
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Albert D. Nysten
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Mar 5 Sep - 16:28

en route
pour niquer des mères  ♆ zelda


C'était étrange, que quelqu'un comme lui, si avide de solitude, trouve sa place en des personnes si loquaces - même à distance. Mais leurs esprits désinhibés, leurs airs désœuvrés, lui donnant tant à décortiquer dans leurs cris silencieux qu'il ne pouvait s'en détacher. Une porte ouverte dans ce qui dansait dans leurs crânes, et il se questionnait vaguement sur ce que lui-même délivrait lorsque le monde était si embrumé que même son contrôle était noyé dans la fumée. Il se savait tortueux là où il devait être vertueux, arrêté là où tout était frivolité. Albert, il était un peu monté à l'envers.

Au moins, ici; quand leurs voix montaient en décibels, elles étaient pleines de joie et non de fiel - une paix en demi-teinte, une fatigue qui abîmait sa patience sans l'éteindre. Il se saisit de la chope contre son torse sans un mot, s'avachit un peu plus contre le comptoir comme s'il était chez sa grand-mère; l'air contemplateur toujours peint sur ses traits. Et son regard se perd sur l'individu désigné par l'interlocutrice, « C'est pas difficile si la volonté y est. » répond-il nonchalamment, parlant de tout comme si c'était du beau temps. « On verra si elle arrive dans quelle verres.  » Et, suivant le mouvement, il vide son verre d'une traite, sourd de réaction face aux propos de la dorée, l'alcool comme un réconfort contre la trachée.
Geste de la main, un murmure, quelques pièces clinquant sur la table, et il pose la nouvelle chope de Zelda sur son crâne, profitant de sa taille. La sienne était déjà si proche de ses lèvres que l'écume pétillait sur ses lèvres, qu'un sourire en coin se décidait finalement à séparer. « Pourquoi, ça t'intéresse ? Être Sang-Pur ne t'adresse plus assez de faveurs ? »

Et ses prunelles voyagent, erratiques, s'échouent sur l'un puis sur l'autre, pour se poser sur celui qu'on lui désigne. Il fait une moue légère, empreinte de dégoût, puis se tourne vers la jeune femme et tire la langue, comme un enfant. « Je sais que j'ai mauvais goût, mais quand même. Je choisis des personnes qui ont un charme. Ça, ça serait plutôt ton genre. » Puis il se détourne de nouveau vers le groupe, s'abîmant dans la contemplation de la dépravation jusqu'à trouver un spécimen particulièrement atteint - ou éteint, vide d'autre que d'alcool. « Ou elle, aussi. »

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Zelda De Richelieu
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Mer 6 Sep - 18:26

" oh lala mais tu manges tes crottes de nez toi " — un grand poète

Elle avait penché la tête en arrière après avoir récupéré la chope qu'il y avait posée, avait fait mine de réfléchir. Être de sang-pur ne lui avait jamais accordé autant de privilèges qu'il devait sûrement l'imaginer. Au lieu de vivre sa vie comme n'importe quelle adolescente aurait voulu la vivre, elle passait des heures à tourner en rond dans des salles immenses et remplies d'un monde qui la dégoûtait. Elle devait être condescendante là où elle voulait être conciliante et amère là où elle voulait être douce. Le seul privilège que son sang lui offrait, c'était l'illusion d'être sur un piédestal gigantesque.

Elle se contenta de hausser les épaules. La directrice ne lui avait jamais accordé de faveurs, à sa connaissance, et elle n'avait jamais commis de fautes assez graves que pour être renvoyée – certainement que dans un tel cas, son nom de famille interviendrait effectivement. Elle sourit.

Puis son regard se dirigea vers la nana qu'il désignait. Elle haussa les sourcils. C'était, effectivement, certainement son genre. Une meuf décadente dont l'âme s'était perdue quelque part entre l'alcool et les rires. De cheveux roses et des yeux bleus – elle était beaucoup plus que à peu près son genre, elle était tout à fait son genre. Elle rit, d'un rire nerveux, presque gêné, qui ne lui ressemblait pas du tout.

— Ouais.

Et rien de plus, juste un mot fade lancé au hasard dans le brouhaha.

Elle vida sa chope, le regard braqué sur la nana qui finirait par tomber si elle ne s'asseyait pas tout de suite. Une grimace se dessina sur son visage lorsqu'elle la vit tomber et un rire immédiatement ensuite. Peut-être pas tout à fait son genre, finalement.

— Je les préfère douées de leurs jambes.

Elle haussa les épaules et laissa le verre sur le comptoir, repris deux bières et tendit la seconde à Albert. Un nouveau cul sec et son verre claque contre le bois du bar. Elle s'éloigne de deux pas et s'apprêtait à répliquer d'une nouvelle boutade quand le bruit et les odeurs malades lui indiquèrent qu'elle avait perdu son pari. Son visage commençait à exprimer quelque chose entre le rire et le dégoût.

— C'était trop demander de faire ça dehors j'imagine,.

Elle sourit et adressa un regard à Albert, se dirigeant vers la sortie et ses yeux qui lui intimant de la suivre – comme si elle avait besoin de lui indiquer la sortie.
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Albert D. Nysten
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Jeu 7 Sep - 22:43

en route
pour niquer des mères  ♆ zelda


Un commentaire naquit et mourut dans sa gorge à l'entente de ce rire, plus ébréché qu'habituellement, pas vraiment Richelieu - peut-être un peu plus Zelda. Leur ébauche de relation, bien qu'aisée, restait trop subtile pour qu'il la connaisse réellement - mais suffisamment fondée pour repérer les éclats passagers de regret dans les prunelles. Et c'était bien plus qu'assez, une entente dans la futilité et le passager, la singulière compréhension que rien de plus n'était recherché, que vouloir plus reviendrait à tout atrophier, éliminer.
Alors ses prunelles se figent sur l'inconnue, sa chevelure rosée, ses yeux glacés et son âme fendillée par les abus. Elle dégringola, l'intérêt éprouvé chutant aussi vite que son corps. Un rire de la dorée troubla le silence relatif - silence à deux, mais vacarme du lieu. Et le Comète eut un air approbateur à sa remarque, non loin d'être conspirateur. C'était toujours préférable.

Une fois est coutume, deux est accoutumance, il se saisit de la chope tendue et s'en délecta d'une traite. Sa vision commençait à légèrement se troubler, et la satisfaction de retrouver cette sensation lui arracha un sourire. Jusqu'à ce que l'autre déversa le contenu de son estomac. Il observa la scène d'un regard neutre, indifférent, observateur sans exigence - même s'il n'aurait pas été contre un peu moins de senteur. Au moins avait-il l'honneur d'avoir gagné le pari, aussi obsolète fut-ce cette valeur. « Oh, tu sais bien, ils doivent trouver ça plus intéressant d'faire en sorte que d'autres glissent dedans. » Lui-même ne pouvait nier que cela l'aurait grandement amusé. Mais ce n'était pas là le plus amusant, aussi lança-t-il un regard à sa comparse, tandis qu'il s'éclipsait dans son sillage.

C'est avec aise qu'il accueillit la fraîche brise nocturne, au creux des étoiles minuscules, taciturnes. Encore un peu trop tôt pour qu'elles brillent de tous leurs feux et non de leur absence. Il saisit deux clopes, en tendant une à son interlocutrice d'une discussion sans bruits et les embrasa d'un incendio. Quelques taffes inspirées, relâchées, et il se décide à lancer : « Du coup, vu que tu as perdu le pari, j'propose que ton gage soit que tu roules ce soir. » Et durant les quelques secondes de flottement, un bruit sourd éclata dans l'établissement.
Il marcha à reculons jusqu'à une fenêtre, questionnant un « Selon toi, bagarre ou glissade dans la gerbe ? » sur son chemin, puis se redressa et regarda à l'intérieur, observant la scène qui se déroulait, en attente du verdict.
L'amusement étira ses lèvres lorsqu'il réalisa que c'était, en réalité, un peu des deux.

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Sam 9 Sep - 20:59

" oh lala mais tu manges tes crottes de nez toi " — un grand poète

Il lui tendit une clope et elle l'accepta, le regretta immédiatement quand elle se rappelait de la sensation infecte et fade que ça lui procurait. Elle releva les yeux, le regard devenu tout à coup agressif, et elle s'arracha la clope des lèvres, élevant sa voix ardente, dans une de ces réactions complètement disproportionnées dont elle avait le secret – et disons que l'alcool ne l'aidait pas.

— Qu'est-ce que tu baves là, crapaud? Elle marqua une pause et fronça les sourcils. — J'ai pas perdu mon foutu pari

Elle s'arrêta net, se mordit l'intérieur de la joue, tira une taffe, puis une deuxième. Les idées s'alignaient dans son esprit flou. Elle tira une troisième taffe, et releva les yeux vers Albert, s'avançant vers la fenêtre sans répondre à son interrogation. Et tout à coup c'était comme si les souvenirs s'étaient à nouveau alignés – ou plutôt qu'elle ne pouvait pas nier avec le vomi sous les yeux.

— Ok si, oui – merde – j'ai perdu mon foutu pari..

Elle haussa un sourcil en constatant une bagarre dans le vomi – un peu comme la lutte dans la boue mais en plus disgracieux et odorant. Un dégoût certain s'était dessiné sur son visage et elle recula immédiatement, un souffle empreint de rire et de mépris sifflant entre ses lèvres.

Zelda avait la descente facile et peu importe le nombre de cuites, elle n'avait jamais fini dans un état si déplorable. Alors elle pouvait se permettre ce dédain.

— Dire que j'avais confiance en lui pour tenir vingt minutes de plus.

Elle haussa les épaules et se dirigea vers un muret, plus loin du monde et dans un coin isolé, sur lequel elle s'assit. Elle sortit de la poche intérieure de sa veste son matos et commença à rouler, plissant des yeux de temps en temps – avec le peu de lumière que lui procurait encore les fenêtre du bar à cette distance, elle n'y voyait pas grand chose, mais assez pour ne pas mettre le tabac à côté. Elle l'avait chargé plus que d'habitude – sans vraiment y prêter attention, et leva les yeux vers Albert lorsqu'elle eut fini, sortant sa propre baguette pour l'allumer.

— Rouleur allumeur.

Elle tira. Une fois, puis deux. Une troisième, une quatrième, et le regard dans la fumée, les pensées vagabondes, elle avait senti sa première comme un soulagement, la deuxième comme une rédemption. Deux mois et les nerfs à vif – tout à coup elle se sentait paisible.

Elle tendit le joint à Albert.

— Deux mois que j'avais rien touché et Dieu sait que j'en aurais eu besoin. Mes vieux sont vraiment des gros cons.

Il n'y avait vraiment qu'à lui qu'elle osait dire ce genre de choses. Car il n'y avait qu'à lui qu'elle faisait confiance pour ne rien répéter – pas parce qu'elle croyait en lui, juste parce qu'elle savait qu'il n'en avait simplement rien à faire.

— J'attends le prochain pigeon qui m'annonce mon Noël à Beauxbâtons pour l'incendier en pleine salle dorée et taper scandale.

Elle ne le ferait jamais, et elle le savait, mais ça lui faisait du bien d'imaginer.
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Albert D. Nysten
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Ven 15 Sep - 17:17

en route
pour niquer des mères  ♆ zelda


La fumée virevoltait dans l’ébène; attirant son regard comme lumière attire papillon. Sa main s’attarde sur sa veste puis l’ouvre, dévoilant un crapaud campé dans la poche intérieure auquel il lance un regard presque accusateur, Albert feignant d’ignorer qu’il était cible de l’accusation. Quelle futilité ça aurait été de s’en retrouver affligé; lui qui n’éprouvait jamais culpabilité, encore moins pour les colères passagères étant l’ordinaire chez l’adolescente délétère. Il inspira quelques taffes dans la continuité du moment, jusqu’à ce qu’elle se décide à observer aussi, à renouer avec la vérité qui l’entourait et non celle qui siégeait dans l’ivoire de son crâne.

Tous deux scrutaient les corps luisant d’aliments partiellement digérés, engagés dans un combat burlesque aux gestes carnavalesques. Un peu plus de maladresse, et ça aurait été hilarant - là, c’était tout juste amusant, avec une grosse pointe de dégoût. « Zelda, tu le sais pourtant; avoir confiance c’est pour les Étoiles qui ont la tête dans les cieux et le cerveau dans un creux. » marmonne-t-il, le visage marqué par un tel désabusement qu’il semblait avoir pris dix ans en un instant. C’est pas pour nous, on sait mieux qu’eux.

Quelques secondes s’écoulèrent avant qu’il suive les pas de sa camarade de la nuit, un muret suffisamment à l’écart pour s’y cacher, comme un gosse dans un placard. Il prit son temps à faire ses quelques enjambées, scrutant dans la pénombre le jeu des doigts en pleine préparation. Puis il se saisit de l’objet avec un vague signe de tête en guise de remerciement. Sans un bruit, il s’abandonna au sol, jambes en tailleurs, colonne vertébrale contre la pierre glacé; yeux à décortiquer le ciel funèbre percé de planètes tandis qu’il aspergeait ses poumons de fumée, que les relents néfastes s’attardant sur les bords de sa conscience s’apaisaient, peu à peu.
Il n’écoutait que d’une oreille les propos de la dorée - dès que ça devenait personnel, il refusait de s’impliquer. Sans l’ombre d’un doute, elle le savait; et c’était son je-m’en-foutisme qui était demandé - ça, c’était aisé, plus naturel qu’inculqué. Si bien qu’il ne prêta attention qu’à la dernière phrase. « J’adorerais voir ça. Si tu pouvais en profiter pour jeter la lettre enflammée sur quelqu’un en plus, ça s’rait le meilleur moment de ma vie. »
Deux nouvelles inspirations, l’esprit en volatile escapade dans une arborescence d’élucubrations; il s’aventure à libérer son familier de l’emprise de sa poche. « J’ai quelque chose à te montrer. »  Et alors que l’amphibien saute vers le lointain, sa main s’élance à appuyer sur son crâne. Et l’animal hurle, un cri strident et incroyablement déplaisant.




hrp:
 
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Mar 7 Nov - 18:14

" oh lala mais tu manges tes crottes de nez toi " — un grand poète

Un ricanement sourd au bord des lèvres – elle rit, Zelda, devant le cynisme d'Albert. Qu'il vienne, ce maudit pigeon, elle l'attendait de pied ferme. Elle en brûlerait les plumes et la lettre, elle en incendierait la grande salle si ça pouvait calmer l'ardeur de ses maux. Elle détruirait le monde si ça pouvait rassurer ses fébrilités. Mais ça ne suffisait jamais, sa violence frustrée de ne pouvoir simplement s'apaiser. Zelda, elle aurait aimé être tendre.

Il extirpe son crapaud et déjà une grimace déforme les traits de son visage. Elle n'avait rien contre les crapauds de manière générale – mais sa gueule ne lui disait rien qui vaille. Elle sursauta lorsqu'il poussa un cri – le mot n'était pas assez fort pour décrire l'effroi qu'il communiquait. Son visage resta figé dans une expression mélangeant l'horreur et la surprise, restant abasourdie pendant plusieurs secondes. Sa voix alors perçante et désagréable surenchérit sur un air de dégoût.

— C'quoi cette merde il est POSSÉDÉ ton crapaud ?!

Elle fronça les sourcils, et pencha la tête. Se mit en place à l'intérieur de son esprit un plan pour purifier l'âme de son crapaud. Il en allait de sa sécurité spirituelle. Elle était persuadée qu'un démon rongeait les sangs de son animal et elle avait déjà vu ça dans un film avec une poupée, si elle n'agissait pas vite pour sceller le diable, il serait possédé lui aussi.

Elle se gratta l'arrière de la tête. Pour le moment, il valait mieux faire semblant de rien.

— Char-mant. Véritablement charmant.

Elle repensa au strabisme de son chat et roula des yeux, comme si elle avait un quelconque jugement à évoquer quant aux animaux de compagnie de ses pairs. Elle ricana. C'était plus facile de s'attaquer aux autres que de s'avouer malade – mais Albert il devait déjà savoir tout ça.

— Tes parents t'ont offert un animal handicapé pour te faire comprendre que tu les décevais, c'est ça ? T'inquiètes je comprends c'est dur.
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